NOCES

Concert - Performance - Lin.e Weidmann- 2027
Chorégraphie liante et voix.


“Les noces c’est le contraire d’un couple. Il n’y a plus de machines binaires : question-réponse, masculin-féminin, homme-animal, etc. ça pourrait être ça. Un entretien, simplement le tracé d’un devenir.”
(Claire Parnet avec Gilles Deleuze)






Intentions



Solo performatif gestes, discours et concert – p.Lin.e Weidmann

Les morceaux sont éparpillés.
La vague est dans ton camps
comment puis-je ne pas rester ridicule
abjurons nos cultures
je suis vite contrite avec mon mépris
ça se chante
peu d’image parlent des poches résistantes et connectées qui m’entourent.
Je conduis ma voiture
il y a des animaux du futur.
Nous aimons, comme des trous en dessous du manque.
Le cœur plein, je ne sais pas encore ce qui sortira de ces nuits blanches.

« Au début il y avait principalement des cercles et puis peu à peu les lignes se sont dessinées, les longues lignes sont devenues des lignes courtes et puis des cortèges menés en avançant deux par deux. C’est ensuite que sont arrivées les danses de couples qui semblent devenues les plus pratiquées en bal. Aujourd’hui la danse libre et inspirée prend de plus en plus de place sur les planchers, des corps solitaires et détachés des chorégraphies. » (Nicole Picard, professeure de danses à Pamiers – 09)

  Schizé / Fragments / Petits morceaux épars / La plainte pour dire je tiens dans l’intenable.

Cette défragmentation ouvre des inventions, des nouveaux modes d’interaction et de rapport au sensible. L’animal féral que nous devenons trouve de nouvelles langues pour se dire, des espaces de jeu. Vitacées ensauvagées, nous courons sous le sol, vivaces, voraces et désirantes, il suffit de sentir.

P.Line Weidmann chante et chorégraphie les empreintes incohérentes des esthétiques qui la traversent. Du souvenir des Noces qui unifiaient au centre des villages par une adhésion cultuelle à l’espace social, elle fait une ode à la multipolarité des devenirs, aux tracés souterrains des colères, aux ruptures entre les choix identitaires et à l'émotion de l'Eros, sombre et sensible, qui fait tenir nos récits.


En binôme sur l’ensemble de la création j’invite des proches affectifs, esthétiques, politiques pour que les partitions s’éprouvent et s’enrichissent. Musicien.nes danseur.euses, performeur.euses, ami.es oisives et militantes participent de l’écriture de la pièce. D’anciennes connaissances et des spécialistes viennent se prêter à ce face à face où chaque relation sera écrite, mangée, liée.
Dans ces petites explosions de monde qui défont toujours un peu mieux l’espoir, je regarde le thanatos comme une source, l’état limite comme lieu du devenir, la rupture comme une issue à l’idée de famille.  


La danse de Noces joue d’un présent absurde affectueux et cruel pour faire parler les attachements et les désirs d’un corps qui tient à tout, à l’intérieur de codes communautaires hérités, dans l’absurdité des fantasmes affectifs et des désirs inavouables et dans l’espoir de solidarités fertiles. Quel geste dit norme, d’ici ou d’ailleurs, manque ou lèche, couches de haine, amour, reproduction, dis qu’il y aurait quelque part un.e allié.e pour toujours, elle lui chante.

Le discours performé donne à entendre la langue qui parle pour lier. Le texte parle d’une parole sécurisante, la plainte comme l’engagement sont des façons du langage qui nous font devenir sujet dans le chaos, qui organisent les promesses et attendrissent, la poésie dite dans Noces joue de ces biais de la langue.

Le corps mu adresse des vœux, des nostalgies et des continûments de ce que les liens font à la chair. En rapport avec des images, la danse converse avec d’autres corps rendus présents sur le plateau. Le geste parle, honore, bat et converse seul.

Un chant défragmenté tient le corps au milieu des miroirs.

 

Extensions


Noces est un solo fait pour laisser la place à des cohabitations sur le plateau.

Les invitées de la création seront amenées à passer et construire à chaque occurrence, une création avec un groupe d’usager.es ou voisin.es du lieu. L’écriture pourra se passer de ces présence ou les convoquer, selon la collaboration et le temps développés sur place.

Un oracle a été dessiné par Baptiste Alchourroun. C’est sur la base d’un dessin animiste cartographiant nos discussions que s’est élaboré peu à peu les perspectives d’une nomenclature oraculaire. 

Un objet littéraire se constitue le long de l’écriture et formulera la trace autant que le contenu du spectacle en création. Les résidences de Noces sont des espaces de travail chorégraphiques et social où un binôme est invité à l’étude du geste mais se sont aussi des temps d’enquêtes documentaires sur les relations de soin. L’écriture de textes témoins produira au terme de cette recherche, une trace édité de ce qui nourrit la forme au plateau.

Nous travaillons à la production de ces objets en parallèle de la performance de Noces.
Leur distribution est envisagée dans les réseaux de librairies et sur le parcours de diffusion du spectacle.


Invité.es : Soizig Le Flohic, William Lambeau, Eloïse Decazes, Anna Delboy, Mathilde Papin, Caroline Barny, Anna Gaïotti.
Iconographie : Baptiste Alchourroun

si possible :
Conception, composition musicale et performance : P.Line Weidmann
Sonorisation et collaboration musicale : William Lambeau et Luci Shneider
Accompagnement dramaturgique :  Bryan Campbell
Accompagnement chorégraphique : Daphné Achermann
Accompagnement aux mise en scène collectives : Anna Delboy
Lumières : Christophe Cardoen
Soutien à la production : Amandine Royer et Angélique Bougeard
Production : L'EnracinéePartenaires : Neuf Neuf Toulouse, Qui Vive Nantes.
avec le soutien de CDCN Chorège Falaise, Le DOC Caen, la Ville de Nantes, le Département Loire-Atlantique
La Libre Usine Nantes, Traverse Bagnères de Bigorre, Place de la Danse Toulouse, Honolulu Nantes, Animakt (91).